Société

Guinée : plus de 5 millions d’électeurs appelés aux urnes ce dimanche

Les guinéens étaient appelés aux urnes ce dimanche pour le double scrutin législatif et référendaire. Des élections à double facette marquée par le calme et la sérénité d’un côté et la violence de l’autre. Notre envoyée spéciale Brigitte Yoda s’est rendue dans une trentaine de bureaux de vote. C’est à pied entouré par sa garde prétorienne que le président guinéen s’est rendu au collège 2 Boulbinet dans la commune de Kaloum pour voter. Après avoir accompli son devoir civique, Alpha Condé s’est brièvement confié aux journalistes. « J’espère que tout se passera dans la paix et la tranquillité et que le peuple guinéen, comme en 1958, montrera sa maturité ». Ce vote vise à renouveler le parlement qui compte 114 députés et aussi à doter le pays d’une nouvelle constitution. Nous nous sommes rendus dans une trentaine de bureau de vote dans la commune de Kaloum et de Dixine. Certains électeurs se prononcent à notre micro. « On est venu aujourd’hui pour voter. C’est le droit civique de tout un chacun. On demande de voter, tu peux être avec et tu peux être contre. C’est ton droit de faire. On veut la paix en Guinée. On souhaite le bonheur pour ce pays, car ce pays est un pays extraordinaire», a indiqué Hassan Taher, Libanais marié à une guinéenne depuis presque 15 ans et vit en Guinée depuis 1991. Ousmane Ousmane Traoré, un électeur apprecie l’organisation du scrutin.« On est resté pendant trois, quatre mois sans assemblée, vraiment ça ne peut pas donner d’opportunité pour le développement de la nation. Avec l’Assemblée et le gouvernement le peuple va évoluer. Moi je vous dis très franchement, j’ai voté pour les législatives. Je dis haut et fort : j’ai voté pour législatif pas pour le référendum parce que je ne connais pas le contenu du code du référendum». Pour cette ex-secrétaire à la retraire, il fallait qu’elle accomplisse un devoir de citoyenneté.”Je suis venue parce que je suis guinéenne et je dois accomplir mon devoir citoyen. En ma qualité de citoyenne, c’est une obligation pour moi comme pour tout autre citoyenne” Dans ces deux communes, le vote se déroule dans le calme et la sérénité. Au lycée 28 septembre de Coronthie 1, Niamy Alphonse, président du bureau de vote N°8 témoigne. « Le bureau a été ouvert à 7h45. Vous-même vous le constatez, il y a de l’affluence. Nous n’avons pas encore rencontré des difficultés de la part des électeurs ni des membres de bureau de vote ». Ce scrutin législatif et référendaire se tient dans un contexte particulier avec la pandémie du coronavirus, c’est pourquoi 2.000 kits de lavage des mains ont été installés devant les bureaux de vote. Plus de 5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes Des élections qui se tiennent sous fond de tension car contestées violemment par une partie de l’opposition réunie au sein du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), ce que dénonce Yanssané kountoura Bi Bangoura.« En démocratie il ne faut pas empêcher seulement l’autre d’aller voter, parce que toi tu ne veux pas voter. Les gens qui ne veulent pas voter, on leur demande de rester tranquillement à la maison. Ça ne sert à rien d’agresser ceux qui veulent voter. C’est vrai qu’il y a la peur car il y a des quartiers où nos militants ne peuvent pas aller voter ». Un important dispositif sécuritaire déployé pour ce scrutin. A cet effet , l’unité spécial de sécurisation des élections(l’USSEL) forte de 2.300 gendarmes et policiers a été mise en place. Selon plusieurs témoignages À Ratoma, Bambeto en banlieue de la capitale guinéenne, des violences ont éclatées. Des personnes présentés comme des partisans de l’opposition ont attaqué des gendarmes devant des bureaux de vote. Des affrontements ont également eu lieu dans d’autres banlieues de Conakry comme à Cosa, Hamdallaye, Dar Es Salam et Lambanyi.

Brigitte Yoda, envoyée spéciale

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