Société

Burkina : Yacouba Sawadogo ou le « fou » du désert

En croisade contre l’avancée du désert depuis les années 70, Yacouba Sawadogo ou encore le « fou >>, est parvenu, à travers une technique, à transformer un terrain aride d’une superficie de 26 hectares en forêt à Gourga dans son village à quelques encablures de la ville de Ouahigouya. Forêt qu’il a dénommée Bangre Raaga qui veut dire le marché du Savoir.

Au départ, l’attachement du paysan pour son champ lui valait des sobriquets. « Nous avons connu notre papa dans le commerce. Mais subitement il a abandonné au profit des activités champêtres. C’est ainsi qu’il passait son tout son champ à creuser des trous et à planter des arbres. J’avoue que personne dans le village le comprenait. Tout le monde le prenait pour un malade mental » se souvient, Oumoarou Sawadogo, l’un de ses fils. Quant à Moustapha Ouédraogo, le Yacouba Sawadogo est très laborieux dans son travail Je me rappelle que c’était une clairière et il y avait quelques arbustes.

Le vieux faisait des diguettes, creusait le zaï et érigeait des cordons pierreux ». dit-il. A en croire Oumarou Sawadogo, c’est quand le travail de son père a commencé à porter fruit que les uns et les autres se sont rendus à l’évidence que l’homme jouissait de toutes ses facultés mentales.

Les lois de la nature ne sont guère un obstacle pour ce paysan hors pair. « Avec seulement une pluie tous les 15 jours, je suis capable de produire du sorgho à l’aide de la technique du Zaï. Je peux également transformer toutes les terres arides du Burkina en une immense forêt si l’on me donnait l’occasion.» se convainc-t-il. Le secret de Yacouba Sawadogo réside dans creusage des trous, des diguettes, dans l’érection des cordons pierreux et aux plantations d’arbres de diverses espèces.

Les lois de la nature ne sont guère un obstacle pour ce paysan hors pair. « Avec seulement une pluie tous les 15 jours, je suis capable de produire du sorgho à l’aide de la technique du Zaï. Je peux également transformer toutes les terres arides du Burkina en une immense forêt si l’on me donnait l’occasion.» se convainc-t-il. Le secret de Yacouba Sawadogo réside dans creusage des trous, des diguettes, dans l’érection des cordons pierreux et aux plantations d’arbres de diverses espèces.

« C’est grâce à son courage, sa patience, et son amour pour le travail et pour les plantes qu’il a pu réaliser cette prouesse. Dans sa forêt vous trouverez toutes sortes de plantes excepté les arbres fruitiers courants telles que le manguier, le goyavier, le papayer » Soutient Pousbila sawadogo, voisin de longue date du paysan Yacouba totalise à ce jour plus de 90 espèces végétales dans sa forêt.

L’homme qui fait reculer le désert s’illustre aussi dans la médecine traditionnelle. Il soigne ses patients à l’aide des différentes espèces médicinales de sa foret. « Je veux aménager un espace pour administrer des soins à mes patients à l’aide des plantes », dira-t-il. Conscient de l’utilité de la forêt, Yacouba plaide pour la vulgarisation sa méthode. « Il faut que l’Etat nous accompagne dans la vulgarisation du Zaï . La méthode n’est pas bien connue. Je ne voudrais pas la garder jalousement. », a-t-il recommandé. Il dit compter également sur les autorités pour ouvrir une école de formation où seront enseignées ses méthodes.

Yacouba fait partie des personnalités lauréat du pour le Prix Nobel Alternatif 2018 décerné par Right Livelihood Il recevra son prix d’une valeur de 189 millions de francs Cfa le 23 novembre prochain à Stockholm en Suède.

Ali KONFE, correspondant Ouahigouya

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