Société

11 morts à l’Unité Anti-drogue : « La chaleur et la soif ont tué nos frères » (membre de famille d’une des victimes)

« Ce sont la chaleur et la soif qui ont tué les gens, nos frères, la cellule était coincée », a révélé à Radio Oméga un membre d’une des familles des personnes retrouvées mortes à l’Unite anti drogue mi-juillet. Ces revelations sont faites alors que les résultats de l’autopsie et des enquêtes ouvertes par la justice et par le ministère de la sécurité se font toujours attendre.

« C’est ce qu’ont témoigné des co-détenus et aussi certains avocats. II suivent de près ce dossier », a ajouté le même parent de victime qui a requis l’anonymat.

« Le coin était très restreint pour le nombre qui était dans la cellule. Mais je confirme ces dires des co-détenus même si c’est à prendre avec des pincettes en attendant la version officielle », indique des proches d’une autre victime.

Aussi il y a des éléments qui nous interpellent. « Il n’y a pas eu de constat. Pour établir les certificats de décès ce document allait faciliter. Nous avons eu de nombreuses difficultés. Pourquoi il n’y a pas eu ce constat ? », s’interrogent des familles.

l y a à peu près un mois les familles ont procédé à l’inhumation des victimes. « Les autorités voulaient qu’on fasse une cérémonie unique. Nous n’avons pas accepté au regard des coutumes et traditions de chacun. En conclusion chacun a enlevé son corps et fait son enterrement ».

« On nous a dit que les résultats de l’autopsie sont prêts. Nous ne savons pas ce que la justice attend. Nous voulons connaître la vérité », fait savoir un parent.

Oui à un autre d’ajouter : « Les résultats des autopsies sont connus. On espère qu’il y aura la lumière. Ce n’est pas seulement pour ceux qui sont morts. Mais pour nous les vivants. Pour que les mêmes bêtises ne se répètent plus encore. On a foi à l’autorité, à notre justice ».

Les familles des victimes sont assistées par un collectif d’avocats et d’organisations de la société civile. Elles comptent se retrouver les jours à venir et envisager ensemble les moyens d’action.

Dans la nuit du 14 au 15 juillet, 11 personnes gardées à vue ont été retrouvées mortes dans les locaux de l’Unité Anti-drogue de la Police nationale.

Selon la procureure du Faso, ces personnes étaient gardées à vue à l’unité Anti-Drogue pour des infractions relatives à la législation des stupéfiants.

Aussitôt deux enquêtes avaient été ouvertes, une judiciaire et l’autre administrative selon le gouvernement. Depuis les autorités judiciaires et administratives sont restées silencieuses sur le dossier.

Lamine Traoré

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *