Santé

Santé oculaire chez les enfants : l’ONG Light for the World veut développer une vision pour les 10 prochaines années

Le point faible de l’offre de soins oculaires est l’absence de services spécifiques dédiés à l’enfant. Dans le but d’apporter une réponse à cette situation, Light for the World organise les 6 et 7 novembre à Ouagadougou un atelier dont l’objectif est de développer une vision pour les 10 prochaines années et un cadre stratégique triennale en matière de santé oculaire chez l’enfant au Burkina

La trentaine de participants à cet atelier sont des ophtalmologistes, des gestionnaires de programme de santé, de responsables d’ONG intervenants dans le domaine de la santé oculaire.

La santé oculaire est un problème majeur de santé publique dans le monde. Selon un le récent rapport mondial sur la vision 2019, 2,2 milliards de personnes soit 25% de la population mondiale ont une forme de déficience visuelle. La moitié d’entre elle n’a pas encore accès aux services, dont 80% se trouve en Afrique. En outre, 36 millions de personnes sont aveugles dans le monde. Toujours selon ce rapport, 65 millions de personnes dans le monde ont besoin d’une opération de cataracte et 800 millions de personnes ont besoin de lunettes, dont plus de 100 millions d’enfants et de jeunes.

La situation au Burkina n’est pas aussi reluisante.

En effet, en 2006, la prévalence de la cécité était estimée à 2%, ce qui correspond à près de 340 000 personnes. Quant au recensement général des enfants handicapés en 2013, il a relevé que sur 79 617 enfants handicapés identifiés âgés de 0 à 18 ans, 8 850 soit 11,1% sont touchés par le handicap visuel.

Chez les enfants, la principale cause de déficience visuelle est les erreurs de réfraction non corrigée qui peut être facilement abordé en fournissant des lunettes. La perte de vision chez l’enfant a des conséquences d’une portée considérable, affectant le développement psychomoteur et cognitif, le niveau d’instruction, l’emploi, le potentiel de revenus et le bien-être. On estime que les 2/3 des enfants des pays en développement meurent dans les deux ans qui suivent leur aveuglement. Les données de l’outil d’évaluation des services de soins oculaires 2018 au Burkina révèlent un déficit en médecin ophtalmologistes.

Le Burkina ne compte que 37 médecins ophtalmologistes soit 21 dans le public, 10 dans le privé et 6 à la retraite. Sur les 37 ophtalmologistes, 11 sont des ophtalmologues généralistes, 25 exercent la chirurgie de la cataracte. Il y aurait aussi 150 attachés de santé en ophtalmologie dans les structures publiques. De ce qui précède, il ressort clairement qu’il y’a un véritable manque de médecins ophtalmologistes au Burkina. La répartition géographique des services d’ophtalmologie est très inégale, avec une concentration dans les centres urbains.

En effet, ils sont 27 médecins ophtalmologistes à Ouagadougou, 5 à Bobo-Dioulasso et 5 en régions, laissant la grande majorité de la population rurale burkinabè sous-desservie. Cette insuffisance influence négativement l’offre de soins oculaire. Les plus touchés par ce manque sont les enfants car il n’y a qu’un seul médecin ophtalmologue pédiatrique qui d’ailleurs ne dispose pas de moyens nécessaires pour exercer. Cela signifie que de nombreux enfants deviennent justes aveugles ou malvoyant par manque de prise en charge. Si l’offre appropriée de soins oculaires au Burkina est un défi, il faut souligner que le point le plus faible est l’absence d’offres de service spécifique pour l’enfant, d’où l’intérêt pour Light for the World de soutenir le développement de l’offre de santé oculaire chez l’enfant. L’organisation de cet atelier de deux jours a pour objectif de développer une orientation pour les dix années à venir ainsi qu’un cadre stratégique triennale en matière de santé oculaire chez l’enfant au Burkina pour le Bureau pays de Light for the World.

Light for the World est spécialisée dans le domaine du handicap. Elle soutient le ministère de la Santé dans le domaine de la santé oculaire et la santé en général. Au Burkina, Light for the World soutient depuis 2009, l’offre de services de soins oculaires complets et de qualité en particulier pour les populations rurales, vulnérables et les enfants.

L’ONG travaille également au renforcement du plateau technique des services ophtalmologiques et au renforcement de la qualité des ressources humaines. Depuis son installation au Burkina, l’ONG a déjà menée plusieurs activités en faveur de la santé oculaire dont entres- autres, l’ouverture du Centre ophtalmologique de Zorgho en 2004, le financement de trois Plans stratégiques de santé oculaire, la formation de onze médecins ophtalmologistes.

Judith Traore

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