Politique

Procès du Putsch de 2015 : Alidou Sawadogo «le bon petit» du général Bassolé à la barre

Le procès du putsch du 16 septembre 2015 se poursuit. Il a entamé son ballet de témoins ce lundi. Près de 300 témoins seront entendu à la barre.

Le premier témoin entendu lundi est BiIla Jean Bénédicte. Il est appelé comme témoin du général Djibril Bassolé. A sa suite, c’est Alidou Sawadogo ou « le bon petit du général » comme il se définit lui-même qui est appelé. Le témoin affirme avoir passé plus de 10 ans auprès du général comme protocole et avait l’estime de ce dernier. Il faisait donc ses commissions.

Souvent, le général lui remettait de l’argent qu’il était chargé de remettre à telle ou telle personne. Cette confiance absolue entre les deux hommes amenait même le général a pré-positionné de l’argent chez Alidou et lorsque le besoin se faisait sentir, il lui disait de remettre une certaine somme à telle personne. C’est ainsi que le 16 septembre, il l’a appelé pour qu’il remette la somme de 1 000 000 FCFA à Ouédraogo Adama Damis. Mais avant, le général l’a appelé chez lui pour lui remettre la somme de 5 millions FCFA et un numéro de téléphone à remettre à un certain Ismaël. Il s’est alors chargé d’appeler la personne et pour lui remettre la dite somme. C’est en ce moment qu’il a reconnu le fils du général Gilbert Diendéré.

Les échanges entre le témoin, les avocats et le parquet ont surtout tourné autour de cette somme et sa destination finale. Le témoin dira que, au dire du général Bassolé, c’était pour soutenir la famille de Diendéré. Mais il ne connait pas la destination réelle des fonds. Pour toute autre question, il demande aux avocats de la partie civile de se référer aux procès-verbaux et au général Bassolé lui-même.

Le ton monte souvent entre lui et surtout les avocats de la partie civile. Toute chose qui amène maître Prosper Farama à faire cette remarque au président du tribunal : « On a vu les accusés faire leur show, maintenant ce sont les témoins qui font les stars ».

S’adressant au témoin qui élevait souvent trop le ton, il ajoute que : «vous êtes tenus de répondre à nos questions car même si le tribunal convoque Jésus ici, nous allons l’interroger ». Face aux contradictions relevées dans les propos du témoin, le parquet militaire prend la parole pour rappeler que si cela continuait, il allait user de l’article 120 du code de justice militaire qui dispose que « si les propos d’un témoin paraissent faux, il peut en accord avec le président du tribunal procéder à son arrestation ».
La défense vole au secours du témoin. « Le Général Bassolé étant absent si la défense demandait un report, vous allez encore dire que ce sont les avocats de Bassolé », a laissé entendre maître Mireille BARRY. Le parquet militaire de dire que le témoin peut être entendu sur la personnalité, sur les faits et sur la morale de l’accusé.

La séance reprend mardi matin avec toujours le témoignage de Alidou Sawadogo. Il a été d’abord incarcéré dans cette affaire avant de bénéficier d’un non-lieu dans ce dossier.

Ibrahim Bayili

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