Politique

Présidentielle 2015 : « Je suis très déterminé à remporter les élections » dixit Zéphirin Diabré

L’invité de la rédaction de ce jeudi 26 novembre 2015 est le candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) Zéphirin Diabré. Avec lui, il est question du programme de gouvernement qu’il compte mettre en œuvre une fois élu président du Faso.   

Vous venez d’entamer la campagne et c’est votre première fois de participer à la présidentielle au Burkina Faso. Quel est le sentiment qui vous anime ?

Je suis dans un état d’esprit qui est celui d’une confiance au regard de ce que je vois sur le terrain et que je vois comme adhésion. En tout cas, je suis très déterminé, non seulement à expliquer mon programme, à convaincre les burkinabè et surtout à remporter les élections.

Quelles sont vos priorités pour le quinquennat déjà ?

Elles sont nombreuses mais comme il faut aller vite je vais en citer quelques-unes. La première, c’est bien entendu la jeunesse. C’est elle qui constitue le gros problème. Pour la jeunesse actuellement, il faut qu’on trouve des solutions qui touchent à la fois à sa formation, à son employabilité, et à sa place dans la société.

De même que pour la femme à laquelle nous voulons accorder le rôle de locomotive du développement de notre pays. Elles ont un rôle important à jouer mais elles sont malheureusement celles qui souffrent le plus sur l’ensemble des burkinabè.

Là aussi nous avons des idées et des projets ,notamment celles de faire en sorte qu’elles puissent avoir à leur disposition un fond énorme de micro crédits pour permettre qu’à travers des crédits d’un certain niveau à toutes ces femmes d’avoir des activités rémunératrices pour sortir leurs familles de la pauvreté.

En faveur de la jeunesse vous comptez créer 700 000 emplois en 5 ans. Quelles sont les secteurs pourvoyeurs ?

Ce sont des secteurs qui seront de l’industrie parce que nous comptons engager une révolution industrielle. D’abord en transformant sur le plan industriel les projets d’agriculture et ensuite voir comment on peut au niveau de l’industrie légère, manufacturière, commencer à faire de l’assemblage ici avant d’aller à la production. Nous, nous pensons que c’est faisable.

Vous avez évoqué une question qui suscite beaucoup de polémique, c’est la question de la centrale nucléaire. Est-ce-que ce projet est encore d’actualité avec Zéphirin Diabré ?

D’abord cela n’a pas de lien avec l’industrialisation du pays. Il a plutôt un lien avec la politique d’énergie de notre pays. C’est un projet, une idée qui a été lancée parce que pour nous, la question de l’énergie doit s’examiner sur la base d’un cocktail de l’énergie.

Je dis que pour le Burkina Faso, il ne faut pas qu’on s’interdise d’aller au-delà des idées convenues. Vous savez, pour mettre en place une centrale nucléaire, il faut au minimum quinze ans quand on commence. C’est-à-dire que même si je suis élu, je serai parti en tant que chef de l’Etat avant de pouvoir toucher le petit bouton.  Mais c’est une idée qu’il faut lancer parce qu’il faut que les générations futures soient plus audacieuses que nous.

On dit le plus souvent que ce sont les ressources qui manquent au Burkina Faso ?

C’est une formule qu’il faut interpréter de différentes manières. Parce que pour moi la principale des ressources pour le développement, ce sont les hommes et nous les avons. Dès qu’on a cela on a tout.

Quelle est votre politique de santé au Burkina Faso si vous êtes élu président au soir du 29 novembre ?

Il n’y a pas dans ce domaine beaucoup d’inventions nouvelles à faire. Il faut que les gens soient très prudents. Il y aura une accélération de ce qui est en place. Ce que les gens veulent, c’est un accès rapide aux soins de santé ce qui passe par la mise en place d’infrastructures notamment au niveau des communes avec un plateau qui soit beaucoup plus relevé. Il y a aussi la question de l’assurance médicale universelle pour permettre à ce que les charges de santé dans les revenus des  ménages  baissent de façon drastique.

 Quand on aura réussi ces deux aspects, faire en sorte que les soins de santé soient disponibles au plus petit hameau du Burkina et faire en sorte que cela puisse être moins chère, je pense qu’on aura résolu une grande partie du problème.

L’éducation a mal au Burkina Faso. Avez-vous des propositions concrètes en ce qui concerne ce secteur ?

L’éducation commence avec ce qu’on appelle le préscolaire qui n’existe pas encore vraiment ou qui existe de manière privée. Nous, nous voulons que le préscolaire devienne une partie intégrante du système scolaire. Et tout le reste est une accélération des réformes mise en cours. Nous sommes pour le LMD, nous sommes pour le continuum parce que nous estimons que cela permettra d’accroitre l’offre éducative. Mais c’est vrai que pour réussir tout cela il faut qu’il y ait un certain nombre d’infrastructures qui soient mise en place et des gens qui soient formés.

Nous nous voulons réorienter les filières pour que les filières scientifiques deviennent majoritaires par rapport aux filières littéraires. Il faut qu’on inverse la tendance. C’est de cette manière qu’on pourra construire un développement, un  Burkina et surtout avoir de la main d’œuvre qualifiée pour le secteur industriel que nous voulons mettre en place.

Par exemple au niveau de l’université nous voulons favoriser l’accès aux NTICs pour les étudiants Nous allons lancer une opération qui s’appellera un étudiant un ordinateur qui permettra avec le partenariat d’une entreprise multinationale d’offrir un ordinateur à chaque étudiant à un prix qui soit acceptable pour lui permettre de pouvoir accéder au web et d’avoir des informations. Il y a un tas d’idées de ce genre que nous voulons mettre en œuvre.

A propos de cela, nous savons que le Burkina Faso a des compagnies de téléphonie mobiles souvent décriées par les consommateurs par ce que la prestation n’est pas bonne notamment en ce qui concerne l’internet.  Qu’allez-vous faire à ce niveau ? Il ne suffit pas d’avoir des ordinateurs il faut aussi avoir la connexion.

Je suis très prudent quand on aborde ces questions. Il faut aller jusqu’au fond de la question pour savoir ce qu’il en est exactement Est-ce la faute de nos opérateurs ou de quelqu’un d’autre ? Il est arrivé parfois que notre accès à l’internet ne marchait pas et que ce n’était pas la faute des opérateurs. Il y avait d’autres causes.

Zéphirin a –t-il déjà fait le diagnostic de la justice burkinabè ?

D’autres l’ont fait à ma place. On a eu les états généraux il n’y a pas longtemps, cela suffit. Ces recommandations, nous les faisons notre et nous les prenons à notre compte. Nous allons les appliquer et nous verrons si on peut les élargir sur d’autres aspects.

Qu’allez-vous faire pour apporter concrètement des solutions aux problèmes déjà soulevés ?

L’une des questions que les gens se posent c’est d’avoir l’indépendance de la justice. Ce n’est pas une question qui se résout uniquement par les textes, mais c’est par la pratique. Mais, je peux vous assurer une chose, moi élu président, je ne serai pas président du Conseil supérieur de la magistrature et cela est une innovation importante parce que jusque-là c’est le président qui préside le Conseil supérieur de la magistrature ce qui ne parait pas tout à fait normal.

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