Politique

Mise en garde de Bujumbura à l’envoyé spécial de l’ONU : Michel Kafando se dit « étonné »

Michel Kafando a rencontré le Président burundais Pierre Nkurunziza le 29 juin dernier. Dès cette première prise de contact, le porte-parole du gouvernement burundais le met en garde contre toute accointance avec l’opposition en exil selon plusieurs médias. Qu’en est-il exactement ?
« Je vais vous rassurer quant à l’entretien que j’ai eu avec le Président Pierre Nkurunziza. Nous avons eu à échanger en tête à tête et j’ai cru avoir compris que le Président était sensible à la mission que je suis chargé d’accomplir. C’est un entretien qui s’est déroulé de façon franche. J’ai été étonné par la suite d’entendre que le porte-parole du chef de l’Etat aurait mis en garde l’envoyé spécial. Je n’ai pas pu comprendre. J’ai discuté avec le chef de l’Etat il n’y avait aucune mise en garde », a déclaré l’envoyé spécial à la télévision nationale, interrogé à la faveur du 29e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba en Ethiopie.
« De façon générale, la mission se poursuit dans de bonnes perspectives. J’ai rencontré l’ancien Président tanzanien Benjamin Mkapa à Dar Es Salam (Tanzanie) qui est chargé de la facilitation. Il m’a donné toutes les informations sur le travail qu’il fait. Notamment le dialogue, le rapprochement entre le gouvernement et l’opposition », a rassuré l’ancien Président burkinabè.
Saïd Djinnit, Abdoulaye Bathily et Jamal Benomar avaient été tous épuisés par le pouvoir burundais. Michel Kafando qui remplace Jamal Benomar espère réussir sa mission. « On ne peut jamais jurer du succès d’une entreprise comme celle-là. C’est vraiment une crise interne. Mais la disponibilité dont le gouvernement burundais a fait preuve à mon égard en tant que nouvel envoyé spécial, les discussions que j’ai eu avec le Président Mkapa, les entretiens par-ci, par-là, je pense que nous pouvons peut-être espérer. Je vais m’employer à relever les défis, à faire ce qu’on m’a demandé de faire toujours dans l’esprit d’aider un pays frère, un pays africain, à régler ses propres problèmes », a-t-il fait savoir.
En attendant Michel Kafando était à ce 29e sommet de l’Union africaine à Addis Abeba où il multiplie des contacts dans l’objectif de réussir sa mission et réconcilier les fils et les filles du Burundi Le Burundi traverse une grave crise politique depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un 3e mandat il y a plus de deux ans. Le dialogue de sortie de crise est totalement en panne, malgré les pressions de la communauté internationale. Comme ses prédécesseurs récusés par Bujumbura, Michel Kafando est prévenu.

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