Judiciaire

Procès putsch de 2015 : “Il n’y a pas de fait matériel contre mon client” (Me Dieudonné Bonkoungou, avocat du général Bassolé)

“L’expert a reconnu son incapacité dès le début mais le juge la modifié sa mission sans informer le conseil de Bassolé, alors que c’est par ordonnance que la mission a été fixée” a indiqué vendredi l’avocat du général Bassolé, Me Dieudonné Bonkoungou. Il s’est exprimé sur le cas des écoutes téléphoniques. Dès l’ouverture de l’audience de ce jour. Il a débuté, avec sa plaidoirie.

Selon lui ce dernier aurait produit 2 rapports qui ne sont pas identiques. Le premier qui a été ouvert devant l’accusé et son conseil et un deuxième qui a été ouvert sans une notification à l’accusé. “L’expert a dans sa première correspondance souligné l’impossibilité d’authentifier l’élément sonore intitulé Bassolé-Soro à cause de certains aspects techniques de la bande”, précise Me Bonkoungou.

Reposant exclusivement sur les écoutes téléphoniques, l’avocat il n’y a pas de fait matériel sur son client. “Et quand on revient sur les supposés cinq millions remis au fils du général Diendéré, et au million remis au journaliste Damis, il n’y a aucun rattachement”, poursuit Me Bonkoungou. L’avocat demande ainsi au tribunal d’écarter ces éléments car ils ne constituent pas des preuves « légales ».

Il n’a pas manqué de revenir sur des faits qui prouvent selon lui que les autorités de la transition en voulait a son client. Il citera ainsi la loi portant sur le code électoral appelée « loi chérif » qui a été adoptée sous la transition et qui a été critiquée par la Cour de justice de la cedeao. Il est aussi revenu sur le gel des avoirs du général Bassolé le 26 septembre. Pourtant le doyen des juges qui selon le communiqué portant sur le gel a procédé à cette décision n’était pas présent.

Me Bonkoungou dit aussi ne pas comprendre que le 26 novembre 2015 le ministre de la sécurité à l’époque Zagré affirmait à la presse que la bande sonore n’était pas « nette » et est en train d’être authentifier et le 4 décembre 2015 soit quelques jours plus tard le Premier ministre à l’époque Zida affirmait que la bande était « authentique ».

« Peut-on admettre qu’une preuve est loyale si l’origine de cette preuve et le mode d’obtention est caché par le parquet, peut-on dire qu’il y a eu débat contradictoire si les droits de l’accusé ont été bafoués ? », s’est interrogé Me Bonkoungou avant la pause.

Mohamed Nakanabo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *